Un pays de cocagne
« La Provence de mon père, c’est la civilisation de l’olive, rien ne se fait sans elle et sans les herbes des collines », écrivait Jean Giono. Ce constat toujours d’actualité est encore plus vrai dans les Alpilles où s’épanouissent quelque 600. 000 oliviers qui fournissent 20 % de la production nationale d’huile. Ici, l’huile d’olive, les huiles vertes cassées au fenouil et les olives noires piquées bénéficient toute d’une AOP. Le vin aussi. Le vignoble des Baux offre une gamme variée de vins de qualité à dominante rouge, qui bénéficie d’une appellation depuis 1995. La culture des amandes fait également un retour en force depuis quelques années. Autre appellation, celle de l’agneau de Crau, dont la zone de production correspond au berceau de la race mérinos d’Arles qui englobe la totalité de l’aire géographique des Alpilles.
Dans les pas de Van Gogh
À la suite d’une crise de démence, Van Gogh fut interné à l’hôpital psychiatrique de Saint-Rémy-de-Provence de mai 1889 à mai 1890. Durant cette année, il plante son chevalet un peu partout aux alentours et produit près de 150 toiles et une centaine de dessins. Parmi ses œuvres les plus connues réalisées à Saint-Rémy, figurent les fameuses iris, mais aussi « La Nuit étoilée », véritable vison d’apocalypse, ou encore « La Vigne rouge », la seule toile qu’il ait vendue de son vivant. Durant cette période, Van Gogh expérimente de nouvelles techniques, peint à la brosse des traits très enroulés. Il colore les arbres sans ombre portée en s’inspirant des estampes japonaises. Le musée Estrine, à Saint-Rémy, abrite un centre d’interprétation de l’oeuvre de Van Gogh. À visiter également, le cloître Saint-Paul et un fac-similé de la chambre de l’artiste où il fut interné. Pour s’y rendre, suivre un itinéraire piéton de 1,5 km bordé d’une vingtaine de panneaux sur lesquels sont reproduits des œuvres du maître, accompagné d’extraits de ses correspondances.
Les villages
Plusieurs jolis villages sont à découvrir dans les Alpilles, à commencer par Les Baux-de-Provence, un nid d’aigle bâti sur un promontoire rocheux qui jaillit de la garrigue et justement classé parmi les plus beaux villages de France (lire ci-dessous). À voir également, Mouriès et sa place ombragée de platanes, typiquement provençal ou encore Eygalières, un gros bourg qui s’étage sur une colline surmontée d’un château en ruine.
Les vestiges romains
À Saint-Rémy-de-Provence, ne manquez pas les vestiges de la ville antique de Glanum avec ses thermes, son forum, ses maisons et ses temples. À l’entrée, figurent un arc de triomphe et un mausolée remarquablement bien conservés. À voir également à Fontvieille, l’aqueduc et les moulins de Barbegal, un complexe romain de meunerie hydraulique, considéré comme la plus grande concentration connue de puissance mécanique du monde antique.
Les moulins de Daudet
À l’instar de Pagnol, Alphonse Daudet a contribué à façonner une certaine idée du Midi. C’est à Fontvieille, autre petit village des Alpilles, que l’écrivain séjournait régulièrement chez son cousin, au château de Montauban « pour se guérir de Paris et de ses fièvres ». C’est ici qu’il a écrit « Les Lettres de mon moulin », « Le Secret de maître Cornille », « La Chèvre de M. Séguin » ou encore « Tartarin de Tarascon ». Il reste à Fontvieille quatre des moulins qui ont inspiré Daudet. Deux se visitent. Celui dit de Daudet abrite un petit musée consacré à l’écrivain. La balade peut se faire accompagner d’un âne et mène jusqu’au château de Montauban.