Le concept, baptisé Bed In Shop – un lit dans une boutique –, invite à vivre bien plus qu'une nuit d'hôtel. Chaque hébergement conserve l'âme de son ancien commerce : comptoir en zinc, mobilier chiné, objets d'époque, photographies anciennes… Derrière la vitrine, le passé dialogue avec le confort d'aujourd'hui. Le visiteur n'entre pas simplement dans un logement ; il pousse la porte d'une histoire.
Bed In Shop : quand les boutiques deviennent des hébergements insolites
À Romans-sur-Isère, certaines vitrines ne donnent plus sur un commerce… mais sur une chambre. Dans le centre historique, un ancien Grand Café, une tannerie, une librairie, une boutique d'apothicaire ou encore un atelier de tailleur accueillent désormais les voyageurs pour passer la nuit. Une façon originale de dormir au cœur du patrimoine local.

Pousser la porte d'un ancien Grand Café, déposer sa valise chez un apothicaire, s'endormir dans une tannerie ou chez un vieux libraire... Voilà une expérience qui n'a rien d'un hôtel traditionnel. Ici, chaque adresse raconte une histoire.
Les anciens commerces de la vieille ville ont retrouvé une seconde vie sans rien perdre de leur âme. Des vitrines soigneusement mises en scène, des comptoirs, des enseignes, des objets oubliés et des photographies anciennes replongent le visiteur dans le Romans d'autrefois. Puis, presque par surprise, apparaissent un lit douillet, une salle d'eau contemporaine et tout le confort attendu aujourd'hui.
Le concept porte un nom aussi simple qu'évocateur : Bed In Shop, un lit dans une boutique. Une idée originale qui transforme les vitrines en véritables fenêtres ouvertes sur la mémoire de la ville. Impossible de résister à l'envie de faire du lèche-vitrine avant de choisir où dormir... et l'on se prend vite à rêver de passer une nuit dans chacune de ces anciennes échoppes.

Derrière cette idée se trouve François-Xavier Chamboust. Sa famille est installée à Romans depuis le XIXᵉ siècle. Après des études d'histoire à Lyon, puis plusieurs années passées à exploiter un bar-restaurant au Chili, il revient dans sa ville natale avec une envie : entreprendre autrement.
En se promenant dans le centre historique, il est frappé par les rideaux baissés, les vitrines vides et les jeunes qui tuent le temps sur des palettes. Pourquoi construire un nouvel hôtel alors que tant de boutiques attendent une seconde chance ? L'idée est née presque naturellement : transformer ces locaux abandonnés en hébergements tout en associant des jeunes en difficulté à leur renaissance.
Pendant plusieurs années, bénévoles, éducateurs de rue, menuisière et adolescents travaillent ensemble. "On ponce, on peint, on détourne des caisses en bois en tables de nuit, on chine des objets anciens, on imagine une décoration qui respecte l'histoire des lieux" raconte-il. Les travaux les plus techniques sont confiés à des artisans, tandis que chaque détail de décoration est pensé avec son épouse, décoratrice d'intérieur.
L'expérience ne s'arrête pas aux murs. Soucieux de valoriser ces jeunes, François-Xavier les forme également pour faire découvrir la ville à travers des visites guidées originales, nourries de faits historiques parfois sombres, parfois étonnants, mais toujours authentiques.
L'aventure sociale s'essoufflera avec le temps, faute de moyens et d'une organisation suffisamment professionnelle. Mais son esprit demeure intact. Les Bed In Shop continuent de faire vivre le patrimoine local autour de trois valeurs auxquelles leur créateur reste fidèle : l'esthétique, l'écologie et le lien social.
Avec un taux d'occupation avoisinant les 75 %, ces hébergements insolites prouvent qu'une bonne idée peut aussi devenir un beau projet touristique. Plus qu'un simple endroit où dormir, ils offrent une rencontre avec l'histoire d'une ville... et avec ceux qui ont refusé de la voir s'éteindre.
Bed In Shop : quand les boutiques deviennent des hébergements insolites

François-Xavier Chamboust a eu l'idée du concept Bed in shop 
Si on ne sert plus à boire au Grand Café des Cordeliers, il accueille les voyageurs pour la nuit. 
Les Bed in Shop sont aussi équipés d'une petite cuisine 

Les Bed in shop affichent une belle personnalité 
Un reportage de Ursula Laurent