Depuis trente ans, le parc zoologique belge Pairi Daiza, situé dans la province wallonne de Hainaut, à Brugelette, fait le bonheur des petits et des grands. Ajoutant à une offre déjà riche présentant plus de 7 000 animaux de 800 espèces sur 80 hectares, il inaugure le 7 février 2026 dernier Edenya, la plus grande serre tropicale jamais construite au monde. Pour une plongée au cœur de la ceinture équatoriale, de sa faune, sa flore, ses atmosphères envoûtantes, les magies de sa biodiversité…
Edenya, une nouvelle serre géante, magique et tropicale
Edenya, la plus grande serre tropicale au monde a vu le jour en février dernier à Brugelette en Belgique wallonne. Animaux, végétation, œuvres d’art, architecture immersive : tout est réuni pour séduire le visiteur qui peut s’offrir au cœur même de la jungle tropicale une nuit unique, au contact du vivant. Magique !

Le projet pharaonique d'Edenya bat bien des records. Concevoir et ériger une verrière de quatre hectares, d’une vingtaine de mètres de haut, destinée à accueillir 230 animaux dans des habitats appropriés et respectueux de leur bien-être, constitue à l’évidence une prouesse technique, architecturale et environnementale. Souvent rare et fascinant, le vivant qui s’y épanouit, se trouve à l’évidence à l’aise.
Loutres géantes et mamans lémuriens
La présence de l’eau, savamment exploitée, façonne le paysage en autant de lieux, de refuges, d’ambiances favorables à la faune, comme aux humains en balade instructive. Cascade majestueuse, rivière paresseuse, plage lumineuse, lagune propice à la rêverie, grottes subaquatiques se succèdent, livrant des scènes de vie parfois surprenantes.

Partir en quête de loutres géantes joueuses peut vous mettre en présence de mamans lémuriens venues tout droit de Madagascar et allaitant leurs bébés. Aussi fragile qu’émouvant ! Un peu plus en hauteur, un paresseux fait une sieste prolongée sur une corde d’où il observe mollement une bande de coatis, à la longue queue et au museau mobile. Ailleurs des suricates jouent volontiers les sentinelles agitées.
Le rare Dragon du Komodo
Très rare à observer en pleine nature, un Dragon de Komodo, pour l’heure au repos, réveille des sentiments moins sereins, et tout autant le plaisir d’enfin visualiser en live la puissance de cet impressionnant varan.
Au fil de la balade, l’immense serre, où cohabitent près de 1800 espèces végétales, livre ses paysages terrestres : jungle luxuriante, forêt sèche et ses cactus, canopée suspendue que l’on rejoint via des passerelles aériennes et panoramiques. A chaque recoin, sa découverte magique. Vous cheminez vers le repaire du couple de jaguars majestueux, vedettes parmi d’autres d’Edenya, quand s’ouvre à vous la vallée des papillons. Le rendez-vous improvisé, à la beauté mouvante, vous enveloppe de subtiles caresses ailées et colorées. Emotion là encore. Le matin, le plateau du petit déjeuner est dressé pour les Morpho Peleides, originaires d’Amérique du Sud, brun au repos, bleu métallique en vol. Sous le charme !

L’éveil des sens
Les sens sont tous en éveil. Bercée par les chants et cris de centaines d’oiseaux, aux couleurs vives ou aux plus discrètes envolées, la découverte est ponctuée à chaque nouvelle étape de sons appropriés : musique traditionnelle du territoire concerné, ambiance forestière ici, aquatique là, cris des singes hurleurs dans la canopée, murmure des rivières. Sans cesse aux aguets, l’œil sait volontiers s’arrêter sur une initiative, d’ordre culturel et artistique cette fois, à savoir la part belle faite aux pierres et aux minéraux. « Cristaux, roches sculptées et fossiles rares, tels ces magnifiques bois pétrifiés, invitent à un véritable voyage, où chaque fragment minéral révèle un chapitre de l’histoire profonde de l’Amérique latine et de l’univers ambiant », souligne Edenya. De quoi aiguiser là encore la curiosité, tout en flattant le plaisir des yeux !
Le roi du Pantanal et sa belle
Parmi les rendez-vous majeurs de cette virée tropicale, retenons la présence de lamantins des Caraïbes, une espèce menacée (lire coup de cœur) et accompagnée par le Parc. Jadis roi du Pantanal brésilien, un magnifique jaguar bénéficie, lui aussi, de cet engagement, comme la femelle, au pelage noir, où se devinent les rosettes, et habile à séduire dès potron-minet son mâle conquérant.

Les hôtes d’une nuit d’Edenya ont rejoint leur logement, découvrant avec bonheur et curiosité leurs voisins. Ici un hippopotame nain se repose sur une berge sablonneuse sous l’œil indifférent d’un Drill en errance. Deux Potamochères, connus aussi sous le nom de cochons de brousse ou de sanglier rouge des rivières, se nourrissent de fruits, les oreilles en constante communion avec on ne sait quel esprit. Entre falaise, eau et végétation, un canyon livrera à d’autres les jeux des singes, l’ennui d’un tapir, ou le flegmatisme d’un Capybara, le plus gros rongeur du monde. Pour tous les goûts et toutes les couleurs en somme, avant de plonger dans un sommeil peuplé de ce bestiaire fantastique.

Le rendez-vous des roussettes géantes
Qui s’en lasserait ? Cerise sur le gâteau, Edenya n’a cure des caprices de la météo, jouant la carte de la douceur permanente. Un plus apprécié en ces temps pas toujours prévisibles et ces saisons incertaines. De toute façon, pour qui a encore soif de découvertes inédites, la visite n’est pas totalement finie. Retour donc à Pairi Daiza. L’immense porte d’Edenya s’est refermée sur le sanctuaire tropical, mais déjà d’autres surprises attendent le visiteur. Voici quelques morceaux choisis d’un voyage qui, en quelques pas, vous conduit d’un continent à l’autre, d’un panda géant à un rhinocéros blanc, d’un ours nordique à Tebogo, le gorille…. Dès la sortie d’Edenya, face à la majestueuse volière Cathédrale, paradis des flamants roses, construite dès l’ouverture du parc en 1994, les chauves-souris se font une place dans un espace clos où cohabitent des roussettes géantes d’Inde, dont certaines allaitent leur petit. Saisissant ! Rare, l’expérience se renouvelle dans la crypte semi-obscure de l’ancienne abbaye où évoluent cette fois des roussettes d’Egypte vous frôlant de leur vol impertinent.

Au paradis des perruches
Plus glamour est la volière dédiée à de vertes Perruches ondulées originaires d’Australie, à des Loriquet de Swainson multicolores à la langue en forme de pinceau (Nouvelle-Guinée), des Calopsittes élégantes ou des Colombines longup. Tous ces volatiles chantent, vibrionnent et vous frôlent en un joyeux chahut. Je retiendrai aussi, dans cet Arche de Noé aux 7000 passagers, la visite, à l’entrée du parc de l’Aquarium. L’ancienne demeure néogothique du XIXe siècle offre sur deux étages une expérience immersive aux visiteurs, dans l’Histoire et l’univers sous-marin. Il me reste en mémoire une étoile de mer à la parure si sophistiquée qu’on eût dit la pièce maîtresse d’une couturière d’art. Nature et art font il est vrai excellent ménage sur ces terres rares.
Coup de cœur
Nos amis, les lamantins

Parmi les rendez-vous majeurs de cette virée tropicale, retenons la présence de lamantins des Caraïbes. Ils évoluent ici dans les vestiges reconstitués d’un immense temple maya englouti, nourris de salades et de végétaux qu’ils broutent en toute tranquillité. Dans le restaurant les Abyss, installé sous la surface, les tables font face aux bassins des requins et des lamantins. Un vrai et double régal, car ils vous côtoient, évoluant lentement, en toute sérénité. Il faut aussi observer en début de matinée, dans le grand bassin tropical aux conditions proches de leur milieu naturel, la complicité respectueuse qui lie soigneurs et lamantins à l’heure du nourrissage. Mots doux, paix des gestes et des mouvements la manifestent. De quoi réjouir tous les défenseurs de la biodiversité ! D’autant plus que la fondation de Pairi Daiza mène des actions de conservation en faveur des lamantins menacés, dans leur mer d’origine, par les collisions avec les bateaux, la pollution et la destruction des habitats côtiers. Dans le cadre d’un programme européen de conservation, Edenya a aussi accueilli récemment un jeune mâle nommé Alus venant de Pologne pour renforcer la présence de ces mammifères aquatiques. La politique européenne de protection d’espèces menacées entend en effet « coordonner les échanges d’animaux entre zoos pour maintenir une diversité génétique suffisante et éviter la disparition des espèces en captivité ». Une trentaine d’actions du même genre sont ainsi menées à Pairi daiza. Bon point pour la biodiversité !
Edenya, une nouvelle serre géante, magique et tropicale

Un couple de jaguars fait la sensation 
Un souci artistique dans tout le Parc 
Voisinage inédit: un lamantin au coeur même du restaurant Abyss. Photo Anne-Laure Marioton 
Elles viennent d'Inde, sont géantes: place aux roussettesC Celle-ci allaite. 
A l'Aquarium, art et nature mêlés 
Le pareusseux s'adonne à sa pause, et pose, favorite 
Le morpho-peleides devenu bleu dans la vallée des papillons 
Vue depuis un pont suspendu sur le restaurant Sandy Beach et son fameux avion 
L'entréedu Parc Pairi Daiza, clef pour la découverte d'Edenya 
Un suricate 
L'impressionnant varan, ou Dragon, du Komodo 
La Cathédrale, refuge des flmants roses, dernièr étape avant d'entrer à Edenya 
Un caméléon 
Les caîmans au repos 
Un hippopotame nain sous surveillance 
Dame jaguar devant la cascade (17 mètres) 
Le sequoïa pétrifié disparu il y a 38 millions d'années des forêts de l'Oregon 
Bienvenue à Edenya 
De nombreux univers pour une évasion paradisiaque
Un reportage de Claude Vautrin