Nous avons choisi de rejoindre la ViaRhôna à Vienne pour aller jusqu'à Avignon ; cinq étapes pour parcourir 185 kilomètres avec des pauses pour visiter le pays — un format idéal, même pour des seniors peu sportifs comme nous ! Avec le Rhône comme fil conducteur, nous traversons Condrieu, Tain, Tournon, Valence, La Voulte-sur-Rhône, Baix, Cruas, Rochemaure, Montélimar, Viviers, Mornas… avant d’imaginer, déjà, quelques pas de danse sur le célèbre pont de la cité des Papes.
« Mon Rhône, mon fleuve à moi, calme et puissant ; beau de tout mon pays qu’il reflète en passant. » Ces mots du poète André Rivoire résonnent particulièrement à Vienne, point de départ idéal de cette échappée. La ville séduit d’emblée par son patrimoine antique remarquable : temple romain, théâtre gallo-romain, cathédrale Saint-Maurice, jardins archéologiques et l’impressionnant musée gallo-romain sur l’autre rive du fleuve… Depuis les hauteurs du mont Pipet, le panorama s’ouvre sur les vignobles prestigieux de la vallée du Rhône et sur le fleuve, majestueux. Une première nuit sur place s’impose, le temps de s’imprégner de l’atmosphère avant de prendre la route.
Premiers coups de pédale : 45 kilomètres ponctués de plusieurs haltes. A commencer, ce qui n’est évidemment pas très sérieux, par une dégustation chez un vigneron. Mais comment résister…
Nous nous arrêtons à l’île du Beurre, refuge d’une nature encore sauvage, puis à la base de loisirs de Saint-Pierre-de-Bœuf, et enfin à l’étonnant musée des mariniers et de la batellerie du Rhône à Serrières. L’ancienne église Saint-Sornin, monument classé du 15e siècle avec son impressionnante charpente et ses fresques, abrite des objets, maquettes et témoignages qui racontent l’histoire du Rhône et la vie des mariniers.
Le lendemain, changement d’ambiance : la pluie s’invite. Tête dans le guidon, les paysages défilent sans que l’on puisse vraiment en profiter… jusqu’à Tain-l’Hermitage, où une escale au musée du Chocolat vient réchauffer les esprits. Trempés mais réconfortés, nous optons pour une parenthèse ferroviaire jusqu’à Valence — une autre façon de voyager sur la ViaRhôna.
Valence vaudrait une halte plus longue que notre visite rapide. L’ancienne cité gallo-romaine et actuelle préfecture de la Drôme, séduit avec sa douce ambiance du Sud, son patrimoine. On aime flâner dans les ruelles de le vieille ville, s’attarder sur les vastes places pour goûter l’une ou l’autre spécialité culinaire.
L’itinéraire ne cesse de surprendre. Tantôt industrieux, tantôt bucolique, il déroule une mosaïque de paysages et d’ambiances. Sur le fleuve, les péniches passent par d’imposantes écluses, tandis que les bras plus calmes invitent aux loisirs nautiques. Au fil des kilomètres, la végétation évolue : vergers de kiwis, figuiers, pommiers… puis les premiers champs de lavande, annonçant déjà le Sud.
Sur les hauteurs, abbayes et châteaux forts veillent. Les villages de caractère jalonnent le parcours : Beauchastel à la confluence du Rhône et de l’Eyrieux, Cruas et son abbatiale, Rochemaure et son décor médiéval, ou encore Mornas dominé par sa forteresse. D’un pont à l’autre – et ils sont nombreux -, nous passons sans cesse de l’Ardèche à la Drôme.
À Montélimar, halte gourmande incontournable : nougat, bien sûr, mais aussi château et balade artistique dans les ruelles ensoleillées.
Puis vient enfin Avignon. Nous ne danserons pas sur le pont… mais traversons le Rhône à bord d’un bac gratuit pour rejoindre la célèbre cité des Papes. À la gare, le loueur récupère les vélos et nous prenons le train du retour pour regagner Vienne. L’aventure s’achève, paisible et riche — une semaine au fil du Rhône, entre nature, culture et plaisirs simples.