Ni tape-à-l’œil, ni surfréquentée, la Sarthe cultive un art de vivre discret… mais terriblement attachant. La Sarthe, c’est ça : un mélange subtil de patrimoine, de nature et d’émotions. Une destination discrète… mais qui ne laisse jamais indifférent. Ici, on prend le temps : de flâner, de découvrir, de s’émerveiller. Les petites villes pittoresques ne manquent pas dans la Sarthe.
Parmi elles, Sillé-le-Guillaume. Difficile de résister au charme de la ville labellisée cité de caractère. Ici, chaque pierre raconte une histoire. Son nom lui-même nous plonge dans le passé : Silius, un Gallo-Romain, puis Guillaume, premier baron et défenseur du territoire.
Escapade inattendue en Sarthe : le charme discret qui séduit
Et si vous mettiez le cap sur la Sarthe ? Derrière son image paisible, ce coin des Pays de la Loire cache une mosaïque de trésors : villages pleins de caractère, jardins enchanteurs, musées insolites et paysages parfaits pour s’évader. Une destination qui a tout pour surprendre… et séduire

Dominant la ville, la forteresse médiévale du XIe siècle a vu défiler batailles et intrigues, tandis qu’une élégante collégiale romane du XIIIe siècle veille toujours sur les lieux. Bonus culturel : le château rend hommage à Arsène Le Feuvre, créateur du célèbre visuel du Bébé Cadum. Aujourd’hui, l’ensemble compose une carte postale vivante, entre patrimoine et douceur de vivre.
Mamers, la coquette qui a tout d’une grande
Direction Mamers, une « Petite cité de caractère » qui porte bien son nom. Flânez dans ses coulées (ces ruelles étroites pleines de mystère), admirez son théâtre à l’italienne, la halle aux grains, ses églises - remarquable, le clocher-tour de St-Nicolas -, et ses maisons de tisserands. Sans oublier le couvent de la Visitation abritant la mairie et ... l'ancienne prison.
Et surprise : la ville possède sa propre mini Tour Eiffel, réplique au 1/100e, construite la même année que l’originale !
Des audioguides permettent de découvrir tous les secrets de la cité au fil de la balade. Entre patrimoine et gourmandise (mention spéciale pour les rillettes locales), Mamers cultive un art de vivre irrésistible.
Nature grandeur nature : randos, légendes et panoramas
Ici, les amateurs de plein air, trouvent leur bonheur. Les Alpes mancelles offrent un terrain de jeu idéal pour la randonnée.
De nombreux sentiers permettent de parcourir les 3 500 hectares de la forêt domaniale de Sillé-le-Guillaume. Laissez-vous guider jusqu’au mythique « Saut du Serf », un rocher chargé de légende: un serf affamé se serait emparé d’un chevreuil abandonné pour nourrir sa famille. Pourchassé par les chiens de son vilain seigneur, il se serait jeté du haut d’une falaise en se confiant à la Vierge, qui l’aurait protégé. Ce rocher fait aussi le bonheur des amateurs d’escalade.
Plus loin, la forêt de Perseigne dévoile son belvédère, point culminant du département, et même une impressionnante faille géologique à explorer avec un guide.
Une pause fraîcheur inattendue
Qui aurait cru trouver une plage ici ? Le lac de Sillé-le-Guillaume, surnommé « Coco plage », est un petit paradis au cœur de la forêt. Baignade, activités nautiques ou simple farniente : tout est réuni pour une pause estivale digne des grandes destinations.
Mémoire et émotion à Conlie
Changement d’ambiance à Conlie, où l’histoire prend une dimension poignante. Le musée créé par Roger Bellon plonge les visiteurs dans la réalité de la Seconde Guerre mondiale. Traumatisé par des scènes de combat en 1944 entre les alliés et les Allemands alors qu’il n’avait que 16 ans, Roger Bellon a voulu garder vivante la mémoire de cette guerre, pour lutter contre l’engrenage de la violence. Dès la Libération, il a ramassé des objets sur les plages du Débarquement, dans des zones de combat
À travers des scènes reconstituées, des objets authentiques et des témoignages, la visite marque les esprits et rappelle l’importance de la mémoire. Objets, scènes reconstituées, témoignages : une visite forte en émotions, portée par le travail du sculpteur autodidacte Roger Bellon.
Coup de cœur
Le conservatoire de la pivoine : un spectacle floral hors du temps
Bienvenue dans un lieu probablement unique au monde. Au cœur du majestueux Château de Sourches, oubliez les douves remplies d’eau : ici, ce sont des vagues de pivoines qui déferlent en cascade.
Dès la fin avril, le domaine se transforme en un tableau vivant où plus de 3 200 variétés rivalisent de beauté. Des noms aussi poétiques que Shimazukurenai ou Niigata Ten'nyonomai côtoient une palette de couleurs éblouissante : rose tendre, blanc immaculé, jaune lumineux, abricot délicat ou pourpre intense. Un véritable festival pour les yeux… et pour les amateurs de botanique.
Derrière ce jardin extraordinaire se cache Bénédicte de Foucaud, qui, depuis plus de deux décennies, parcourt le monde pour enrichir cette collection exceptionnelle.
Son ambition ? Préserver, recenser et transmettre. Pivoines arbustives, herbacées, hybrides Itoh, cultivars aux feuillages étonnants… ici, chaque plante raconte une histoire. Fleurs simples ou doubles, pétales délicatement ciselés : la diversité est fascinante, même pour les néophytes.
Bénédicte de Foucaud, cette amoureuse de la pivoine, en est devenue l’une des spécialistes mondiales.
Pour une expérience encore plus immersive, des visites guidées sont proposées le matin, avant l’ouverture au grand public. En petits groupes, on découvre les secrets de ces fleurs emblématiques dans une atmosphère presque confidentielle.
Si l'on peut, il faut revenir plusieurs fois dans la saison. Car ici, chaque semaine offre un nouveau spectacle. Un rendez-vous avec la nature… toujours différent, toujours magique.
"Il n’y a pas de fleur plus extraordinaire. D’abord par sa fugacité et par sa majesté : une fois par an, elle fleurit durant 15 jours et c’est fini. »

Quant au château, son histoire n’est pas en reste : le Château de Sourches possède une histoire aussi riche que ses jardins. Pendant la Seconde Guerre mondiale, il a même servi de refuge à des œuvres du Musée du Louvre, ajoutant une dimension patrimoniale à la visite.
Escapade inattendue en Sarthe : le charme discret qui séduit

La forteresse de Sillé-le-Guillaume. 
Le petit manoir Le Madrigal est une véritable cabane d'Ali Baba. 
Chambre d'hôtes le Madrigal 
Une curiosité géologique, la faille de Persé 
Le camping Huttopia face au lac de Sillé. 
Impressionnant, le clocher-tour de l'église St-Nicolas à Mamers. 
Une des coulées mamertines. 
Dans les douves du château de Sourches, Bénédicte de Foucaud cultive des milliers de pivoines. 
L'ancien couvent de la Visitation à Mamers abrite la mairie et la sous-préfecture. 
Le château de Sourches abrite le Conservatoire de la pivoine. 
Le portail de l'église St-Nicolas à Mamers a été remanié à la Renaissance. 
Le théâtre à l'italienne à Mamers. 
La halle de la place Carnot à Mamers rappelle le passé commerçant de la ville. 
Le lac de Sillé. 
Dans la forêt de Sillé. 
Le rocher du saut du cerf. 
L'église Notre-Dame à Mamers. 
Quelques habitants de la ferme équestre. 
Le magnifique petit manoir Le Madrigal. 
La forteresse de Sillé-le-Guillaume. 
Dans les rues de Mamers. 
La salle à manger du Madrigal. 
L'ancienne collégiale à Sillé-le-Guillaume. 
Dans le musée Roger Bellon. 
L'ancien lavoir à Mamers. 
A Mamers. 
Le petit salon du petit-déjeuner au Madrigal. 
La Planque, un petit salon de thé à Mamers où tout est fait maison. 
A Sillé-le-Guillaume. 
Dans la forêt de Sillé-le-Guillaume. 
Sillé-le-Guillaume, cité de caractère. 
Pivoine à fleur simple... 
La forteresse de Sillé-le-Guillaume 
Une pivoine parmi des milliers au château de Sourches. 


Une pivoine enjouée. 
Une pivoine ressemblant à la fleur porcelaine. 
Images douloureuses au musée de Roger Bellon. 
Au musée Roger Bellon, dédié à la Seconde Guerre mondiale. 
Au musée Roger Bellon. 
Une petite visite pour récolter du pollen. 
La forteresse de Sillé-le-Guillaume. 
La tour Eiffel à Mamers. 
Des inscriptions émouvantes sur les murs des cellules du couvent de la Visitation à Mamers transformé en prison. 
L'église St-Nicolas à Mamers, avec son clocher-tour et son portail Renaissance. 
Une exposition sur le peinture Arsène le Feuve. 
L'église Notre-Dame à Mamers. Remarquable: le triforium au-dessus des arcades. 


Dans l'ancienne collégiale à Sille-le-Guillaume
Un reportage de Ursula Laurent