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Ursula Laurent

Sanctuaire de la vie sauvage

# Voyage Nature

# Zambie

Une girafe passe nonchalamment devant le restaurant, des zèbres paissent autour de la piscine, un buffle solitaire vient s’abreuver au trou d’eau dans lequel un vieil hippopotame solitaire a élu domicile, juste en contrebas de la terrasse : bienvenue dans une contrée africaine magique.

Trois jeunes lions, un peu de repos avant de se mettre en chasse.

Des chants joyeux résonnent dès que le minibus est en vue du lodge. Des visages souriants accueillent les visiteurs, welcome, welcome ! Des gazelles passent tranquillement sans même un regard pour les nouveaux arrivants, un babouin les observe.

Bienvenue en Zambie, ce pays au cœur de l’Afrique australe, encore préservé du tourisme de masse. Les chalets et tentes en semi-dur s’intègrent discrètement dans le paysage naturel préservé. Seul un fossé empêche éléphants et autres buffles de venir sur la terrasse, mais ils passent tout près.

Selon l’emplacement du camp, le lit est fait sur une terrasse sous le ciel voûté pour une nuit inoubliable à écouter les bruits inhabituels… Aucune clôture n’empêche le déplacement des animaux et, la nuit tombée, il est interdit de quitter son logement pour rejoindre le restaurant sans être accompagné d’un garde.

L’ambiance devient alors magique, un feu brûle sur la terrasse du restaurant. De l’autre côté du fossé, les silhouettes de gazelles se découpent, un hippopotame solitaire se balade. Impossible de ne pas tomber sous le charme de la Zambie !

 

Loin des sentiers battus

En Zambie, tout semble plus authentique.  Point de rubans bitumés dans le paysage, le réseau routier est constitué essentiellement de pistes ; les animaux sauvages se déplacent librement, les parcs nationaux n'étant pas clôturés. Pour aller d’une région à l’autre, il vaut mieux rejoindre la capitale Lusaka pour prendre un des petits avions qui assurent les liaisons intérieures.

C’est probablement une des raisons qui préserve le pays du tourisme de masse, tout comme la (toute relative) difficulté de l’accès au pays (pas de vol direct depuis la France). La plupart des touristes se contentent, à tort, d’un vol vers les chutes Victoria avant de poursuivre vers l’Afrique du Sud, la Namibie, la Tanzanie, le Zimbabwe.

20 parcs nationaux qui abritent plus de 1 800 espèces animales, 36 zones de gestion de la faune, 450 réserves forestières, des réserves botaniques et de nombreux sites classés au patrimoine national font de la Zambie un véritable sanctuaire de la vie sauvage.

La vallée de la Luangwa est un sanctuaire pour des milliers d'éléphants.

Ce pays africain loin des sentiers battus est riche en attraits avec des tribus accueillantes (73 groupes ethniques), des vastes étendues sauvages abritant une incroyable densité d’animaux, la plus grande population d'hippopotames au monde, le plus grand lac artificiel au monde. Sans oublier les « big five » à savoir l’éléphant, le lion, le buffle, le léopard et le rhinocéros noir.

Au fil des safaris, il faut aussi lever les yeux puisque la Zambie abrite plusieurs centaines d’espèces d’oiseaux.

 

Big five et little five

Le parc national de South Luangwa est le berceau historique du safari à pied. Partir ainsi dans la savane et les forêts clairsemées en compagnie d’un ranger et un chasseur armé d’une kalashnikov est une véritable aventure.

On marche en file indienne, en observant un silence respectueux, osant à peine respirer lorsque le guide pointe vers des éléphants ou ce groupe rare de rhinocéros blancs.

Les safaris à pied ne sont pas seulement l’occasion d’observer des animaux – il arrive qu’on n’en voie pas – mais aussi d’en apprendre plus sur la faune et la flore locales.

Le ranger montre des empreintes, explique l’utilité des crottes d’éléphant riche en herbes diverses (bonnes pour soulager maux de tête et saignements de nez chez les humains !) et des graines servant de nourriture par exemple aux singes. L‘écorce du fruit du kigelia africana, surnommé arbre à saucisses, est trop dure pour permettre aux graines de germer : heureusement que les éléphants en sont friands et les digèrent.

On découvre pourquoi des arbres poussent au cœur d’une termitière et que certains arbres communiquent entre eux en cas de fringale d’éléphants rendant amères leurs feuilles d’habitude sucrées afin que les gros pachydermes ne s’y intéressent plus!

Si dans les vastes étendues de nature sauvage des parcs l’on peut observer (avec un peu de chance tout de même), des guépards, des léopards, des lions, que l’on guette les « big five » d’Afrique, le guide attire aussi l’attention sur les « little five » comme le fourmilion dont les petits trous dans le sable indiquent sa présence. C’est une autre façon de découvrir le pays, une immersion au plus près de cet environnement fascinant

L’émerveillement est partout, tout comme l’aventure lorsqu’il faut par exemple traverser la rivière sur des bacs très rudimentaires. Mieux vaut ne pas penser aux crocodiles ! Ou quand un troupeau de buffles surgit devant le capot du 4x4 pour traverser tranquillement la piste.

 

La fumée qui gronde

La Zambie abrite aussi l'une des sept merveilles naturelles du monde, les chutes Victoria de Mosi-oa-Tunya près de la petite ville de Livingstone. Ces chutes tellement belles, tellement puissantes, sont inscrites sur la liste du patrimoine mondial de l'UNESCO.

Elles s'étendent sur plus d'un kilomètre de large et se jettent dans la gorge du Zambèze avec une force incroyable, créant un brouillard visible à des kilomètres à la ronde. Ce brouillard d’eau qui crée des arcs en ciel, a donné son nom au parc national Mosi oa Tunya (« la fumée qui gronde »), situé à proximité. Si le survol en hélicoptère est évidemment impressionnant, l’approche à pied le long d’un sentier l’est tout autant !

Coup de cœur

Sauvegarder et développer

Les jeunes perpétuent les danses et chants traditionnels.

Des milliers de personnes s’engagent pour la sauvegarde de la faune en luttant contre les braconniers, en cherchant des solutions pour assurer la cohabitation entre les hommes et les animaux. Les éléphants par exemple aiment faire des incursions dans les champs cultivés.

Des associations interviennent auprès des enfants dans les écoles pour les sensibiliser à l’importance de la conservation de la faune et de la flore.

Des fondations, souvent soutenues par des lodges, aident les communautés, permettant aux villageois d’apprendre un métier, de vivre de leur travail. Ils construisent des écoles et des centres de santé. Des jeunes femmes gèrent un atelier de reconditionnement de vélos d'occasion provenant des États-Unis, d'autres fabriquent des perles de verre à partir de bouteilles.

Un collectif d'une dizaine de femmes cultive un potager fournissant les lodges en légumes. Des artistes fabriquent des bijoux à partir de collets de braconnage, un atelier de couture confectionne des protections hygiéniques lavables permettant ainsi aux jeunes filles de mener une vie normale.

Echanger avec les villageois curieux et au rire communicatif, -la discussion est facile puisque la langue officielle est l’anglais -, n’est que du plaisir. Des visites de villages organisées permettent de découvrir les conditions de vie des habitants, fiers de montrer leurs cases pourtant primitives. Les jeunes perpétuent les traditions, font des démonstrations des danses de leur tribu, des artisans proposent leurs créations.

En Zambie, le visiteur curieux et bienveillant ne se sent pas étranger et est accueilli avec beaucoup de gentillesse.

Infos pratiques

www.zambiatourism.com

www.zambia.travel/

Y ALLER

Avec Kenya Airlines jusqu’à Nairobi, puis Lusaka. 3 vols/semaine au départ de Paris/CDG (11h55) ; 5 vols/semaine pour le retour
à partir de 906,02 € TTC
www.kenya-airways.com/fr_fr/

Quand y aller

La meilleure période : de mai à octobre pendant la saison sèche pour les safaris, les animaux venant vers les points d’eau. La végétation moins dense permet de mieux les observer. Pendant la saison de pluie, de novembre à avril, pour la végétation luxuriante ; de février à mai pour les chutes Victoria.

Formalités Passeport comportant au moins deux pages vierges. Possibilité d’obtenir un visa touristique à l’arrivée pour les ressortissants français et un séjour de moins de 90 jours. Inscription conseillée sur le service fil d’ariane de France Diplomatie fildariane.diplomatie.gouv.fr/fildariane-internet/accueil

Moyens de paiement

Les billets zambiens sont d’une valeur de 2, 5, 10, 20, 50 et 100 kwachas. Il existe aussi des pièces d’une valeur de 5, 10, 50 ngwee (le ngwee étant la subdivision du kwacha) et d’1 kwacha. C’est la principale monnaie utilisée.

Loger

Sanctuary Sussi & Chuma, 12 cabanes sur pilotis chacune avec terrasse d’observation sur le Zambèze. Eléphants, hippopotames, phacochères y sont chez eux. L’établissement a lancé plusieurs projets philanthropiques. sanctuaryretreats.com/safaris/zambia/sanctuary-sussi-chuma/

The Royal Livingstone by Anantara, sur les rives du Zambezi. Dans le vaste parc et autour de la piscine, zèbres, girafes, antilopes, mangoustes et autres singes acceptent les touristes. A 10 minutes de marche, le fleuve se jette dans le gouffre pour former une des sept merveilles naturelles du monde, les chutes Victoria. www.anantara.com/en/royal-livingstone

Kafunta River Lodges dans la plaine de la rivière Luangwa offre des vues impressionnantes sur la faune : des troupeaux d’éléphants, des hippopotames, des phacochères, des impalas…. kafuntasafaris.com/

Puku Ridge, autre lodge de luxe au cœur de la nature sauvage. Là aussi, les animaux viennent rejoindre le point d’eau. Voir un buffle passer, ou des éléphants, en prenant sa douche, est une expérience inoubliable ! www.chiawa.com/south-luangwa-safari-lodge-puku-ridge

Ciêla Resort & Spa à Lusaka, pour les amateurs de golf.  cielaresort.com/explore/

Activités

Visiter le musée à Livingstone qui raconte l’histoire et la culture de la Zambie depuis la préhistoire à travers de nombreuses collections en accordant une belle place à David Livingstone, le fameux explorateur écossais. 

S’immerger dans la vie traditionnelle du peuple Leya au village de Mukuni, à proximité des chutes Victoria, avec son artisanat, ses coutumes, sa gastronomie.

S’envoler au Bobo Camp. Vol en hélicoptère dans les gorges du Zambèze, dépose sur une plage de sable blanc pour un pique-nique fabuleux.

Survol du delta du Zambèze et des chutes Victoria.

Croisière safari au coucher du soleil.

www.livingstonesadventure.com/

Sanctuaire de la vie sauvage
Un reportage de Ursula Laurent